Petite bibliothèque du marcheur

Passionnés ou dilettantes, d’autres le furent avant vous et le dirent, de leurs mots sages ou fous. Nos petites bibliothèques recueillent ces paroles d’amateurs à l’adresse des amateurs, échos d’un même imaginaire. Des textes à lire et relire, à partager ou à garder pour soi, à portée de main.

À quoi sert de marcher ? Et d’où vient que nous sommes de plus en plus nombreux à randonner ? Marche-t-on différemment en ville, en montagne et en forêt ? Vaut-il mieux cheminer seul ou accompagné, avec ou sans objectif ? Le sac à dos – gage d’équilibre et maison portative – est-il essential au marcheur ? Quelle liberté, quel rapport à l’espace et au temps expérimente-t-on lorsque l’on est en direction ?

Dans les textes ici rassemblés, des poètes, des philosophes et d’autres écrivains marcheurs d’hier et d’aujourd’hui répondent à ces questions et à bien d’autres – témoignant chacun à sa façon de ce qui le fait marcher. De ce que l. a. méditation allante, los angeles vie motrice, pourvoyeuse d’énergie et de vigueur, a toujours été le meilleur rempart contre los angeles mélancolie.

Show description

Quick preview of Petite bibliothèque du marcheur PDF

Show sample text content

Ce lieu solitaire plutôt que sauvage me transportait en idée au bout du monde. Il avait de ces beautés touchantes qu'on ne trouve guère auprès des villes ; et jamais, en s'y trouvant shippingé tout d'un coup, on n'eût pu se croire à quatre lieues de Paris. Après quelques jours livrés à mon délire champêtre, je songeai à ranger mes paperasses et à régler mes occupations. Je destinai, comme j'avais toujours fait, mes matinées à los angeles copie, et mes après-dîners à l. a. prom, muni de mon petit livret blanc et de mon crayon : motor vehicle n'ayant jamais pu écrire et penser à mon aise que sub dio, je n'étais pas tenté de changer de méthode, et je comptais bien que los angeles forêt de Montmorency, qui était presque à ma porte, serait désormais mon cupboard de travail.

Sans doute, l. a. vérité peut se tenir debout sur une jambe ; mais avec deux, elle marchera et fera son chemin. Humain, trop humain, � Le voyageur et son ombre », 1880. los angeles NATURE NOTRE DOUBLE Dans bien des websites naturels, nous nous redécouvrons nous-mêmes, avec un agréable frisson ; c'est le plus beau cas de double qui soit. – Qu'il doit pouvoir être heureux, celui qui a ce sentiment juste ici, dans cette atmosphère d'octobre constamment ensoleillée, ces jeux de l. a. brise, espiègles, heureux, du matin jusqu'au soir, dans cette clarté si natural et cette fraîcheur si tempérée, l. a. grâce sévère de ces collines, de ces lacs, de ces forêts, qui fait le caractère de ce haut plateau allongé sans crainte au flanc épouvantable des neiges éternelles, ici où l'Italie et los angeles Finlande ont conclu alliance et où semble être le berceau de tous les lots argentés de los angeles nature, – heureux celui qui peut dire : � Il y a sûrement des facets beaucoup plus grands et plus beaux de l. a. nature, mais celui-ci m'est intime et familier, il est de mon sang, et plus encore.

Une voix s'éleva tout à coup derrière moi : � Veux-tu fermer ta porte ! » me criait-on. J'avais visiblement affaire au Crocheteur Borgne de Voltaire… Tout autre est los angeles inhabitants périphérique. Ce sont des savants. Je tiens les bouquinistes pour les êtres les plus délicieux que l'on puisse rencontrer, et, sans doute, participent-ils avec élégance et discrétion à ce renom d'intelligence dont se peut glorifier Paris. Le can pay du livre d'occasion a ses frontières aussi. Il va du quai d'Orsay au Jardin des Plantes, sur los angeles rive gauche, et de l. a. Samar, comme on dit, au Châtelet, sur los angeles rive droite.

Je dispose en maître de los angeles nature entière ; mon cœur, errant d'objet en objet, s'unit, s'identifie à ceux qui le flattent, s'entoure d'images charmantes, s'enivre de sentiments délicieux. Si pour les fixer je m'amuse à les décrire en moi-même, quelle vigueur de pinceau, quelle fraîcheur de coloris, quelle énergie d'expression je leur donne ! On a, dit-on, trouvé de tout cela dans mes ouvrages, quoique écrits vers le déclin de mes ans. Oh ! si l'on eût vu ceux de ma première jeunesse, ceux que j'ai faits durant mes voyages, ceux que j'ai composés et que je n'ai jamais écrits… Pourquoi, direz-vous, ne les pas écrire ?

Et que l'accueil de ses hôtes, celui qu'on lui prodigue à l'instant même, compense par sa chaleur et sa générosité les liens familiaux qu'il a volontairement dénoués. En définitive, que ce n'est pas le voyageur qui porte en lui l. a. justification de son voyage mais qu'à l'inverse, c'est le voyage, grâce à l'intensité de l'instant vécu et de l. a. relation établie, qui justifie jour après jour le passage du voyageur. L'Ivresse de los angeles marche, 2008. 37. David Le Breton David Le Breton est anthropologue, sociologue du corps.

Download PDF sample

Rated 4.17 of 5 – based on 11 votes